Répertoire théâtral

Même si le répertoire sert à désigner couramment un «inventaire, recueil où les matières sont rangées dans un ordre qui les rend faciles à trouver», c'est bien dans le théâtre qu'il prend tout son sens.



Catégories :

Lexique théâtral - Théâtre

Recherche sur Google Images :


Source image : www.editionsdelan2.com
Cette image est un résultat de recherche de Google Image. Elle est peut-être réduite par rapport à l'originale et/ou protégée par des droits d'auteur.

Page(s) en rapport avec ce sujet :

  • Il importe de relever, alors que le répertoire théâtral est ...... comédie - vaudeville (1833). Paris, La France dramatique au XIX e siècle, ... (source : books.google)

Même si le répertoire sert à désigner couramment un «inventaire, recueil où les matières sont rangées dans un ordre qui les rend faciles à trouver»[1], c'est bien dans le théâtre qu'il prend tout son sens. Toujours avec une idée de trace, de mémoire, il désignait lors des ses premières utilisations la totalité des pièces restées en cours de représentation à un théâtre, mais également occasionnellementla liste des pièces qui devaient être jouées dans la semaine. Dans un deuxième temps, le répertoire va désigner l'ensemble des pièces qui ont été jouées et qui seront susceptibles d'être reprises. C'est dans les registres d'assemblée pour les répertoires que sont conservées les traces de ces pièces.

La notion de répertoire est particulièrement liée à des établissements, comme la Comédie-Française, où bien toujours l'Opéra Garnier en danse. Au XIXe siècle, le terme évolue de nouveau, alors qu'on crée énormément de théâtres nationaux, et il tend à devenir une véritable instance de consécration : à la Comédie-Française précisément, les auteurs acceptés au répertoire sont consacrés.

Toujours au XIXe siècle, on commence à parler de répertoire d'une manière plus universelle car des auteurs étrangers y apparaissent progressivement. Puis, à la veille du XXe siècle, le terme se transforme pour s'employer au pluriel : des hommes de théâtre comme Aurélien Lugné-Poë, Jean Vilar ou encore Jacques Copeau vont contribuer à apporter une vision neuve du répertoire théâtral. Il fait partie intégrante des révolutions théâtrales.

Le répertoire a énormément d'enjeux au théâtre, qui ne furent pas les mêmes suivant les époques. En tout cas, il est une entrée envisageable pour revisiter l'histoire du théâtre. Il a énormément été déterminé par d'autres notions, comme le dispositif des emplois, ou la troupe. En effet, une politique de répertoire n'est pas envisageable sans troupe.

Actuellement, le répertoire existe toujours mais sous une autre forme, avec d'autres enjeux, que nous connaissons sous le terme de «programmation». Contradiction, différence, rapprochement ?

Le répertoire de la Comédie-Française

La Comédie-Française est née le 21 octobre 1680, de la fusion de deux troupes : l'hôtel de Bourgogne et la troupe de Molière. On aura d'ailleurs fréquemment tendance à l'appeler la «maison de Molière», ce qui est une erreur car Molière est décédé 7 ans avant sa création.

Très vite, on commence à parler d'un répertoire de la Comédie-Française, composé principalement de contemporains, censés représenter l'excellence. D'un autre côté, le théâtre de la foire et les troupes italiennes prônent un répertoire «anti» Comédie-Française.

Le 18 avril 1689, la Comédie rouvre ses portes au 14 rue de l'ancienne Comédie[2], avec un répertoire de comédiens-auteurs (exemple : Champmeslé, Regnard, Crébillon, etc. ).

En 1716, sous la régence du duc d'Orléans, le monopole des comédiens français se renforce, et leur répertoire se renouvelle (premières tragédies de Voltaire, des comédies de Marivaux, etc. ).

En 1784 arrive au répertoire de la Comédie-Française Le Mariage de Figaro de Beaumarchais, pièce sulfureuse sur les privilèges d'une certaine classe sociale. C'est la première fois qu'une pièce aussi subversive est programmée, après un terrible combat contre la censure tout de même. C'est une véritable attaque du pouvoir en place : elle annonce la Révolution française.

Le 25 février 1830, Hernani de Victor Hugo entre au répertoire de la Comédie-Française après un long débat, et grâce à l'acharnement de son auteur. Pourtant, Victor Hugo triomphait déjà sur énormément d'autres scènes (au Théâtre de la Porte Saint-Martin par exemple). Ceci nous montre à quel point le répertoire de la Comédie-Française est une véritable instance de consécration, dans la mesure où seules les pièces qui ont été acceptées par le Comité de lecture peuvent être jouées dans la Salle Richelieu.

De 1859 à 1871, le répertoire de la Comédie-Française, qui avait tendance à prendre la poussière, accueille des auteurs plus connus, comme Edmond Rostand ou encore des écrivains célèbres négligés à leur époque tel Honoré de Balzac : Vautrin (adaptation d'Émile Guiraud, 1922) et , de manière particulièrement régulière, Le Faiseur ou Mercadet le faiseur (1868, 1890, 1899, 1910, 1918, 1993).

Nombre de représentations par auteur, de la création de la Comédie-Française au 31 décembre 1997

Molière : 31 844 – Racine : 9 291 – Corneille : 7 032 – Musset : 6 665 - Marivaux : 5 945 – Dancourt : 5 659 – Regnard : 5 372 – Voltaire : 3 945

Durant la première moitié du XXe siècle, on va voir arriver une nouvelle vision de la notion de mise en scène. Jusque là, celle-ci désignait plutôt un travail de régisseur. Cette consécration du metteur en scène-auteur est marquée à la Comédie-Française par l'invitation qui plus est en plus courante de gens comme Jacques Copeau, ou bien Louis Jouvet, pour apporter un regard neuf sur une série de textes issus de la collection. Actuellement, c'est une formule qui fonctionne toujours, avec des metteurs en scène confirmés et internationaux.

André Antoine

Antoine prend vraiment au sérieux la question du répertoire. D'ailleurs, en 1880, il sera particulièrement critique vis-à-vis de la composition et de l'exécution du répertoire de la Comédie-Française. Selon lui, il n'accueille pas suffisament d'auteurs ayant été reconnus par d'autres scènes.

Dans son Théâtre Antoine, il propose des excursions littéraires sans musique : il entend critiquer par là une comédie de boulevard ronflante. On peut reconnaître le concept du tréteau nu.

En 1905, il fait jouer Le Roi Lear traduit, et pas adapté comme on avait l'habitude de le faire à l'époque, dans une optique de conservation de l'origine de la pièce. Il organise aussi des cycles de représentation d'œuvres apparentées (exemple : plusieurs pièces ayant pour thème l'avarice).

Jacques Copeau

Jacques Copeau, fondateur du théâtre du Vieux Colombier (1913), refuse d'opposer le répertoire à la création : il s'intéresse à la fois à des auteurs anciens, nouveaux, français, étrangers... «Reprendre parmi les meilleures pièces de ces 30 dernières années, celles qui marquent une étape dans l'évolution dramatique».

Dans son théâtre, il programme au moins trois pièces par semaine, et y privilégie l'alternance, pour deux raisons :

  • elle permet au public de voir les pièces qu'ils n'ont pas pu voir à un moment donné
  • elle permet aussi de tenir sans relâche les comédiens en haleine.

Pour lui, la création réside dans le fait que son théâtre est un théâtre de laboratoire[3].

Jean Vilar

Jean Vilar rêvait d'un répertoire populaire équilibré, où les classiques alterneraient avec les contemporains (ce qui peut paraître une banalité aujourd'hui). Il est dans ce cas parti à la recherche des pièces qui n'étaient plus jouées, reléguées à la bibliothèque.

Jean Vilar a exercé une véritable politique de répertoire, car l'édition des textes joués (qui n'étaient plus trouvables) a directement mené à une matérialisation du répertoire.

Le répertoire aujourd'hui

La politique de répertoire a commencé à disparaître progressivement à partir des années 1960-1970, à cause de la montée de l'individualisation des projets de la part des metteurs en scène, mais également et en particulier à cause de l'abandon des troupes permanentes.

Aujourd'hui, on parle plus aisément de programmation pour parler de répertoire, quoique cette notion change légèrement.

Notes

  1. Littré, Dictionnaire de la langue française.
  2. Anciennement rue des Fossés-Saint-Germain.
  3. Voir Jacques Copeau, Essai de rénovation dramatique.

Liens internet

Recherche sur Amazone (livres) :



Ce texte est issu de l'encyclopédie Wikipedia. Vous pouvez consulter sa version originale dans cette encyclopédie à l'adresse http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9pertoire_th%C3%A9%C3%A2tral.
Voir la liste des contributeurs.
La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 04/03/2009.
Ce texte est disponible sous les termes de la licence de documentation libre GNU (GFDL).
La liste des définitions proposées en tête de page est une sélection parmi les résultats obtenus à l'aide de la commande "define:" de Google.
Cette page fait partie du projet Wikibis.
Accueil Recherche Aller au contenuDébut page
ContactContact ImprimerImprimer liens d'évitement et raccourcis clavierAccessibilité
Aller au menu