Festival d'Avignon

Le Festival d'Avignon, est un festival annuel de théatre fondé en 1947 par Jean Vilar, suite à une rencontre avec le poète René Char.



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Festival de théâtre - Théâtre - Avignon - Festival en France

Les saluts après une représentation d'Asobu de Josef Nadj dans la Cour d'Honneur du Palais des Papes en 2006
Les saluts après une représentation d'Asobu de Josef Nadj dans la Cour d'Honneur du Palais des Papes en 2006

Le Festival d'Avignon, est un festival annuel de théatre fondé en 1947 par Jean Vilar, suite à une rencontre avec le poète René Char. Il a lieu chaque été en juillet dans les rues et multiples théâtres du centre historique d'Avignon (Vaucluse).

C'est incontestablement principale manifestation de l'art théâtral et du spectacle vivant en France par le nombre des créations et des spectateurs, et l'une des grandes manifestations artistiques décentralisées les plus anciennes.

Naissance du festival

Dans le cadre d'une exposition d'art moderne qu'ils organisent dans la grande chapelle du Palais des papes d'Avignon, le critique d'art Christian Zervos et le poète René Char demandent à Jean Vilar, acteur, metteur en scène et directeur de théâtre, une représentation de Meurtre dans la cathédrale, qu'il a créé en 1945. Après avoir refusé, Vilar leur propose trois créations : La Tragédie du roi Richard II, de Shakespeare, une pièce méconnue en France, La Terrasse de midi, de Maurice Clavel, auteur dans ce cas toujours inconnu, et L'Histoire de Tobie et Sara, de Paul Claudel[1]

Après accord de la municipalité, la Cour d'honneur du Palais des Papes est aménagée, et Une semaine d'Art en Avignon se concrétise du 4 au 10 septembre 1947. 4800 spectateurs, dont 2900 payant, assiste dans trois lieux (la Cour d'Honneur du Palais des Papes, le Théâtre municipal et le Verger d'Urbain V), à sept représentations des trois créations [2].  :

Le Prince de Hombourg, 1952
Le Prince de Hombourg, 1952

Jean Vilar revient l'année suivante pour une Semaine d'art dramatique, avec la reprise de La Tragédie du roi Richard II, et les créations de La Mort de Danton de Georg Buchner, et Shéhérazade de Jules Supervielle, qu'il met en scène toute trois[3]. Il s'attache une troupe d'acteurs qui vient désormais chaque année réunir un public qui plus est en plus nombreux et qui plus est en plus fidèle. Ces jeunes talents, ce sont surtout : Jean Négroni, Germaine Montero, Alain Cuny, Michel Bouquet, Jean-Pierre Jorris, Silvia Montfort, Jeanne Moreau, Daniel Sorano, Maria Casarès, Philippe Noiret, Monique Chaumette, Jean Le Poulain, Charles Denner, Jean Deschamps, Georges WilsonGérard Philipe, déjà célèbre à l'écran, rejoint la troupe à la reprise du TNP en 1951, et en devient l'icône, avec ses rôles du Cid et du Prince de Hombourg [4].

Le succès est croissant. La sous-directrice des spectacles et de la musique Jeanne Laurent apporte son soutien à Vilar, et l'appelle en 1951 à la tête du TNP, dont les spectacles alimentent par conséquent le festival jusqu'à ce que Georges Wilson le remplace à Chaillot en 1963. Les rares metteurs en scène invités, sont issus du TNP : Jean-Pierre Darras en 1953, Gérard Philipe en 1958, Georges Wilson en 1953 puis à partir de 1964, où Vilar ne monte plus de pièces. Sous le nom de Festival d'Avignon à partir de 1954, l'œuvre de Jean Vilar grandit, donnant corps à l'idée de théâtre populaire de son créateur, et mettant en lumière la vitalité de la décentralisation théâtrale à travers les créations du TNP. Dans le courant de l'éducation populaire, mouvements de jeunesse et réseaux laïques participent au renouveau militant du théâtre et de son public, invité à participer à des lectures et des débats sur l'art dramatique, les nouvelles formes de mise en scène, les politiques culturelles…

1966 marque le début d'une importante ouverture. L'événement dure désormais un mois et accueille outre les productions du TNP, deux créations du théâtre de la Cité de Roger Planchon et Jacques Rosner, labellisé troupe permanente, et neuf spectacles de danse de Maurice Béjart et du Ballet du XXe siècle. Cette élargissement des champs artistiques se poursuit les années suivantes, via les spectacles jeunesse de Catherine Dasté du Théâtre du Soleil, le cinéma (avant-première de La Chinoise de Jean-Luc Godard dans la Cour d'honneur en 1967, Baisers volés de Truffaut en 1968), le théâtre musical, avec Orden par Jorge Lavelli en 1969, et la musique à partir de cette même année, sortant pour l'occasion des remparts de la ville pour investir l'église Saint-Théodorit d'Uzès. Centres dramatiques et théâtres nationaux présentent leurs productions (le CDN du Sud-Est d'Antoine Bourseiller, Jorge Lavelli pour le théâtre de l'Odéon, la Maison de la culture de Bourges), alors que quatre nouveaux sont investit dans la ville entre 1967 et 1971 (cloitres des Carmes et des Célestins, théâtre municipal), et le festival s'mondialise, à l'image des treize nations présentes lors des premières Rencontres mondiales de jeunes organisées par les CEMEA, ou de la présence du Living Theatre en 1968. [4], [2]

Le Festival est le reflet de la transformation du théâtre. Ainsi, en parallèle de la production des institutions dramatiques, théâtres et centres dramatiques nationaux, émergent à partir de 1966 un festival «off», non officiel et indépendant. Seule et sans intention de créer un mouvement, la compagnie d'André Benedetto est rejointe l'année suivante par d'autres troupes. En 1968, à travers l'interdiction de La Paillasse aux seins nus de Gérard Gélas à Villeneuve-lès-Avignon, l'off fait une entrée dans le «in», la troupe étant invité par Maurice Béjart à monter bailloné sur la scène de la cour d'honneur, et recevant le soutien du Living Theatre.

Vilar dirige le Festival jusqu'à sa mort en 1971. De 1971 à 1979, Paul Puaux, héritier désigné, poursuit l'œuvre engagée.

La professionnalisation

En 1980, Paul Puaux s'intalle à la Maison Jean-Vilar, et [Bernard Faivre d'Arcier]] prend la direction du festival, devenu cette même année une association régie par la loi de 1901. Chacune des collectivités publiques qui subventionne le Festival : État, Ville d'Avignon, Département de Vaucluse, Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, est représentée au conseil d'administration qui compte aussi sept personnalités qualifiées.

En 1982, face à la centaine de compagnies qui composent désormais l'off, Sous l'impulsion du nouveau directeur (1980-1984 et 1993-2003), et d'Alain Crombecque (1985-1992), le festival professionnalise sa gestion et accroit sa notoriété mondiale. Crombecque développe aussi la production théâtrale et multiplie les grands événements, à l'image du Mahâbhârata de Peter Brook en 1985 ou du Soulier de satin par Antoine Vitez en 1987.

Nommé en janvier, Hortense Archambault et Vincent Baudriller prennent la direction du Festival en septembre 2003 après l'annulation du festival en juillet.

Le festival actuellement

Soixante années ont passées depuis la création de La semaine d'art dramatique, tout ou presque a changé :

  • La durée : d'une semaine à l'origine, avec quelques spectacles, le festival se déroule désormais pendant 3 à 4 semaines chaque été.
  • Les lieux : le Festival a essaimé ses représentations dans d'autres lieux que la mythique Cour d'honneur du Palais des Papes, dans une vingtaine de sites aménagés pour la circonstance (écoles, chapelles, gymnases, etc. ).
    Ces lieux se situent la plus grande partie dans Avignon intra-muros (au sein des remparts) ou sont disséminés dans la ville. D'autres communes accueillent le festival, Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon (Gard), carrière de Boulbon (Bouches-du-Rhône), etc.
  • La nature du festival : dès l'origine, Avignon est un festival de création théâtrale contemporaine. Il s'ouvre ensuite à d'autres arts, surtout à la danse contemporaine, (Maurice Béjart dès 1966), au mime, aux marionnettes, au théâtre musical, au spectacle équestre (Zingaro), aux arts de la rue etc.

L'ambition d'origine du festival de réunir le meilleur du théâtre français en un lieu s'est élargie au fil des années pour atteindre une audience mondiale, un nombre croissant de compagnies non françaises venant chaque année se produire à Avignon. Si le festival a perdu de sa force emblématique, selon Robert Abiracheb, il demeure un rendez-vous obligé pour toute une profession, alors que l'off est devenu un «supermarché de la production théâtrale», dans lequel huit cents compagnies cherchent à trouver public et programmateurs[2].

L'annulation de l'édition 2003

Sept cent cinquante spectacles étaient prévus en 2003. La grève des intermittents du spectacle, acteurs, techniciens…, qui visait à protester contre la réforme des régimes d'indemnisation Assedic a conduit à l'annulation du festival In 2003 et d'une centaine de spectacles du Off. Cette lutte débuta en février 2003, et est toujours vive en 2007, elle vise à protéger le statut de l'intermittence. En 2003, le public défila dans les rues avec les métiers du spectacle vivant. De nombreux collectifs régionaux se créèrent et une coordination nationale se réunit depuis régulièrement.

Controverse 2005

Pour l'édition 2005, certains spectacles du festival In ont vu la plupart de spectateurs quitter leur place durant la représentation. Le Figaro lance la controverse dans la presse, jugeant dans plusieurs articles l'édition 2005 comme un «catastrophique désastre artistique et moral», alors que France Inter parle de «catastrophe avignonnaise» et La Provence de «grogne du public». Libération reprend la critique en des termes plus mesurés, défendant le festival, tout comme le ministre de la Culture.

Le festival 2006 en chiffres

Eric Lacascade à la Cour d'honneur (2006)
Eric Lacascade à la Cour d'honneur (2006)

133 760 billets ont été délivrés lors de cette 60e édition d'Avignon, sur une jauge de 152 000 places.

Le taux de fréquentation est par conséquent de 88 %, ce qui place cette édition au niveau des années «historiques» (il était en 2005 de 85 %). 15 000 entrées ont aussi été enregistrées aux manifestations gratuites telles que expositions, lectures, rencontres, films, etc.

Les billets délivrés aux jeunes de moins de 25 ans ou étudiants ont représenté une part en progression, qui a atteint 12 %.

Un spectacle a dopé la fréquentation du festival : Battuta, de Bartabas et son Théâtre équestre Zingaro, qui a enregistré un taux de fréquentation de 98 % : 28 000 spectateurs en 22 représentations, soit plus de 20 % du total[5].

L'édition 2007

Le festival 2007 dont l'artiste associé est Frédéric Fisbach.

Le festival 2008

Le festival 2008 dont les artistes associés sont Valérie Dréville et Roméo Castellucci.

Festival Off

Affiches du festival Off en 2007
Affiches du festival Off en 2007

En marge du festival officiel, ainsi qu'à l'initiative de la Nouvelle Compagnie fondée par André Benedetto qui jouera pour la première fois en 1964, se tiennent depuis 1967/1968 des dizaines (des centaines, désormais) d'autres spectacles. Trente-huit spectacles sont proposés en marge du festival en 1971, plus de 700 troupes inscrites en 2003 et 539 en 2004 pour donner 667 spectacles et ce sans compter les spectacles de rue, et autres.

Depuis le conflit des intermittents en 2003, les acteurs du festival Off ont pris l'initiative d'une profonde et indispensable refondation.

  • De 1982 à 2005 : L'association "Avignon Public Off" sous l'impulsion d'Alain Léonard a accompagné le festival et édité un programme exhaustif des spectacles proposés en association avec l'ensemble des partenaires du Off.
  • En 2006 : 400 compagnies et la majorité des théâtres du Off, soit prés de 500 structures se sont associés paritairement pour devenir Avignon Festival et Compagnies (AF&C) sous la présidence d'André Benedetto.

Depuis juillet 2007, AF&C accompagne seul un festival Off unifié et apaisé.

  • En 2007 : Le festival Off a vu sa fréquentation atteindre 740 000 spectateurs pour un nombre cumulé de spectacles quotidiens de 876 (théâtre, théâtre musical, danse, café-théâtre, marionnettes, cirque, ... ).

Fonds documentaire de la Maison Jean Vilar

Le travail de Jean Vilar et la totalité des 3 000 manifestations programmées au Festival d'Avignon depuis ses débuts en 1947 sont accessibles à la Maison Jean Vilar, localisée à Avignon au 8, rue Mons, Montée Paul Puaux (bibliothèque, vidéothèque, expositions, base de données... ) [6].

Accueil et logement

Dès l'origine du festival, il a fallu trouver des solutions pour accueillir le public des jeunes à Avignon. Les années 1950 ont vu se développer des "Rencontres Mondiales" dont l'organisation et l'encadrement ont été confiés aux CEMEA (Centre d'entraînement aux méthodes d'éducation active).

Ainsi est née, en 1959, l'Association "Centres de Jeunes et de Séjour du Festival d'Avignon". Elle rassemble trois partenaires fondateurs : le Festival d'Avignon, la ville d'Avignon et les CEMEA. L'association a pour objet de donner à des jeunes et des adultes la possibilité d'être accueillis à Avignon dans les conditions telles qu'ils puissent tirer tout le profit envisageable des spectacles du festival, de l'intérêt culturel présenté par Avignon et ses environs, des échanges de vues entre participants de tous pays.

Notes et références

  1. «Histoire», Site du festival d'Avignon
  2. abc Robert Abichared, «Festival d'Avignon», in Emmanuel de Waresquiel (dir. ), Dictionnaire des politiques culturelles de la France depuis 1959. Paris : Larousse / CNRS éditions, 2001
  3. Festival 1948, archives, www. festival-avignon. com
  4. ab «Les grandes étapes : 1947-1963», Site du festival d'Avignon
  5. Source : Le Monde du 29 juillet 2006
  6. Site de la Maison Jean-Vilar

Liens externes

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